Masque de protection : qu’est-ce qu’un masque grand public en tissu lavable ?

Dans ce contexte d’épidémie de Covid-19, le port d’un masque de protection (que ce soit un masque chirurgical bleu, un masque à “bec de canard”, en tissu ou respiratoire de type FFP2) est recommandé par l’Académie de médecine aux soignants, mais aussi au grand public. Lors de son allocution du 13 avril, Emmanuel Macron a indiqué que “l’Etat devra permettre à chaque français de se procurer un masque grand public” (il s’agira d’un masque en tissu lavable et réutilisable plusieurs fois, a tenu à préciser le ministère de la Santé, Oliver Véran sur RTL mardi 14 avril), dès le 11 mai, date potentielle du début du déconfinement en France. “Pour les professions les plus exposées et pour certaines situations comme dans les transports en commun, son usage pourrait devenir systématique“, a-t-il poursuivi, comme au Luxembourg par exemple qui va rendre obligatoire le port d’une protection buccale à partir du lundi 20 avril. Le but ? Se protéger soi-même ainsi que les autres. Les modalités de distribution n’ont pas encore été évoquées. Et on ignore également si ce masque grand public sera gratuit (distribué gracieusement) ou payant, a indiqué Olivier Véran, toujours au micro de RTL. A date, selon la Direction générale de Santé publique France :

  • 2.25 milliards de masques ont été commandés en France (25 contrats ont été signés)
  • 1.5 milliard de masques doivent être livrés pour le 31 mai.

Le masque de protection est un équipement placé sur le visage devant la bouche permettrait “d’absorber les gouttelettes potentiellement contaminées et donc d’éviter la contamination“. Chirurgical, médical, FFP2, FFP3… Quel modèle de masque porter ? Comment bien le mettre et au bout de combien de temps le jeter ? Est-ce une bonne idée de fabriquer soi-même son masque en tissu ? Quel tuto pour rapidement et facilement le confectionner ? Conseils. 

Définition : qu’est-ce qu’un masque de protection ?

Le masque de protection, aussi appelé “anti-virus”, à usage médical“chirurgical”, anatomique, type “bec de canard”… est un dispositif médical destiné à filtrer les bactéries et à éviter de contracter un virus, comme celui de la grippe ou toute autre maladie virale. “Ces masques sont généralement portés au bloc opératoire pour éviter d’abord que les bactéries de la bouche du chirurgien ne soient projetées sur plaie chirurgicale du patient, mais peuvent aussi être portés par le grand public pour se protéger des micro-organismes dans un contexte d’épidémie, comme la grippe par exemple“, indique le Dr Pierre Parneix, médecin hygiéniste et praticien hospitalier en Santé publique au CHU de Bordeaux et responsable du Centre d’appui à la prévention des infections associées au soins (CPIAS) de Nouvelle Aquitaine. Ces masques sont livrés aux pharmacies d’officine à partir du stock d’Etat via les grossistes répartiteurs et sont délivrés gratuitement aux patients, sur prescription médicale.

Qu’est-ce qu’un masque grand public ?

Lors de son allocution du lundi 13 avril, Emmanuel Macron, Président de la République, a indiqué vouloir équiper, d’ici le 11 mai, chaque Français d’un masque grand public, dont l’usage pourra être systématique à chaque sortie. Mais qu’est-ce que c’est au juste ? Le masque grand public, aussi appelé “masque alternatif” n’a pas le même degré de protection que le masque chirurgical ou médical, que l’on trouve en pharmacie. Et encore moins efficace que le masque respiratoire de type FFP2 ou FFP3 utilisé par le personnel médical. Le masque grand public est un masque “en tissu lavable et donc réutilisable” qui est un écran anti-projections et qui fait barrière aux postillons ou aux gouttelettes émises quand on tousse ou qu’on éternue, a précisé Olivier Véran, ministre de la Santé le 14 avril sur RTL. Il peut être fabriqué de manière artisanale (fait-main à partir de tutoriels ou modèles de patron disponibles sur Internet, diffusé par l’Afnor ou le CHU de Grenoble par exemple), à trois plis ou à “bec de canard”, mais aussi de manière industrielle. Les autorités sanitaires françaises ont d’ailleurs validé plus de 80 prototypes à près de 50 entreprises issues de la mode et du textile. L’objectif étant d’en confectionner plus d’un million par jour. 

Fabriquer son masque de protection

Certains experts estiment que porter un masque artisanal est “mieux que rien”

Les masques normés étant désormais réservés aux soignants et aux malades (suspectés ou testés), de nombreux tutoriels pour fabriquer son masque à la maison fleurissent sur Internet. “Pour être efficace, le masque doit être conforme à la norme française et européenne “NF EN 14683” rappelle le Dr Parneix. Alors masque fait-maison ou pas ? Les experts sont partagés.

Certains affirment que les masques fait-maison ne sont absolument pas efficaces, “faussement rassurants” et qu’ils ne protègent ni celui qui le porte ni son entourage. La Société française d’hygiène hospitalière confirme, dans un avis du 14 mars, qu’il faut éviter d’utiliser d’autres types d’écrans à la place des masques chirurgicaux (masques en tissu, masques en papier, chiffons noués derrière la tête type bandana) du fait de données scientifiques concernant leur efficacité (étanchéité) très rares”. D’autres estiment que porter un masque artisanal est “mieux que rien”.Pour trancher, Olivier Véran, ministre de la Santé a “demandé aux autorités compétentes de nous rendre des avis sur la question“. Et de mettre en garde sur l’utilisation de ces protections homemade : elles ne sont, selon lui “pas l’alpha et l’omega de la protection“. Quid des écharpes et des bandanas qu’on enroule autour de son visage ? On se croit protégé alors que non : ils filtrent certes les grosses poussières et le pollen par exemple, mais pas les virus qui sont des micro-organismes microscopiques (leur taille varie de 0.02 µm à 0.3 µm). Ils ne protègent donc pas du Covid-19. 

Des masques lavables ?

Le port du masque se généralise en France alors que le confinement est toujours en vigueur. Dans certaines villes comme à Nice, des masques en tissu lavables vont être fabriqués pour être distribués à chaque habitant de la ville. En Mayenne, Olivier Richefou, Président du Département de la Mayenne, a annoncé le 7 avril une commande exceptionnelle pour la fabrication de 300.000 masques en tissu lavable et réutilisables à l’ensemble des acteurs de l’industrie textile de la région. Ils devraient arriver au mois de mai. Par ailleurs, l’Association française de normalisation (AFNOR) met à disposition des particuliers et des industriels un tutoriel de fabrication de masques barrières (non médicaux) téléchargeable. Ce dispositif n’est pas destiné à être utilisé par les personnels soignants au contact des patients. Ces masques à fabriquer soi-même doivent être lavés à 60 degrés, en machine sur un cycle “coton”, après chaque utilisation.

Masque obligatoire en France pour sortir ?

Pour le moment, le port du masque n’est pas obligatoire dans l’espace public en France.

En France, pour le moment, le port du masque n’est pas obligatoire dans l’espace public. En revanche, porter un masque dans la rue, dans les transports en commun ou dans n’importe quel lieu public est recommandé par l’Académie de Médecine. Des règles concernant une potentielle obligation de porter un masque et les modalités du réseau de distribution des masques “grand public” devront être établies et dévoilées d’ici deux semaines, a informé Olivier Véran sur RTL le 14 avril. Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique et solidaire, en charge des Transports, est en train de discuter sur d’éventuelles règles mises en place dans les transports en commun pour le personnel et les passagers. 

Et dans les autres pays du monde ? Pour enrayer la propagation du coronavirus dans le monde, le port d’un masque de protection est désormais obligatoire dans certains pays d’Europe. C’est notamment le cas de la République Tchèque et de la Slovaquie qui ont rendu le port du masque obligatoire dans tous les espaces publics. C’est aussi le cas de la Slovénie, a assuré le Premier ministre Janez Jansa, lors d’une allocution télévisée. A partir de ce 30 mars 2020, les Slovènes ne pourront plus se rendre dans un magasin d’alimentation ou les autres espaces publics encore ouverts s’ils ne sont pas munis d’un masque de protection et de gants. Une amende pourra être délivrée si ces règles ne sont pas respectées. En Autriche, le port du masque est obligatoire dans tous les supermarchés à partir du 1er avril. Cette obligation sera certainement étendue dans tous les espaces publics. En Bulgarie, porter un masque est “très fortement” recommandé et pourrait devenir obligatoire pour tous les passants. Les Etats-Unis, qui ont dépassé la barre des 200 000 contaminations, envisagent également de faire porter des masques à tous les Américains une fois que les stocks seront à nouveau disponibles. Au Luxembourg, porter un masque, un foulard ou une écharpe autour du visage est obligatoire dans l’espace public à partir du lundi 20 avril, a indiqué son Premier ministre Xavier Bettel. Près de 7 millions de masques vont être distribués aux citoyens du pays et ceux qui y travaillent comme les travailleurs frontaliers. De son côté, l’Espagne, pays d’Europe le plus touché par l’épidémie, distribue des masques à l’entrée des stations de métro. 

A quoi sert vraiment le masque ?

Le port de masques médicaux n’est pas une pratique culturelle en France à l’inverse d’autres pays comme en Asie. “Au lieu de remercier les gens qui portent des masques car elles nous protègent de leurs virus, on a plutôt tendance à les juger comme “dangereuses”. C’est un regard qu’il faut vraiment changer ! Porter un masque, est un très bon réflexe“, indique le Dr Pierre Parneix. 

  • Une personne suspectée de présenter des symptômes d’infection respiratoire ou avérée malade peut porter un masque chirurgical pour protéger les autres de ses symptômes (à la maison, dans les lieux publics…). 
  • Le masque peut également servir dans un contexte de prévention de l’exposition au virus. Il a un “effet barrière” qui va empêcher le passage des particules bactériennes et virales. “Le mode de transmission du coronavirus est sensiblement le même que celui de la grippe, c’est-à-dire qu’il se transmet d’homme à homme lors de contacts rapprochés (se toucher ou se serrer la main par exemple) et par voie aérienne en toussant ou en éternuant (gouttelettes de salive, postillons)” précise le médecin hygiéniste.”
  • Les masques ont donc un intérêt pour s’en protéger mais “n’ont aucun sens si on ne se lave pas les mains puisqu’en pratique on touche des surfaces contaminées” a rappelé le Pr Jérôme Salomon le 26 février 2020 au Sénat.

Le masque est-il jetable ou réutilisable ?

Jetable. Le masque chirurgical anti-projection a une durée de vie de 3 à 4 heures. “Au-delà, il faut le jeter à la poubelle. Le masque est à usage unique et en aucun cas lavable ou réutilisable. Après chaque sortie, dès le retour à la maison, il ne faut pas le manipuler et le jeter car il est potentiellement contaminé“, prévient le Dr Parneix. Il ne faut donc pas réutiliser un masque dès lors qu’il a été manipulé et ôté du visage. Le masque de type FFP a quant à lui une durée de 8 heures. 

Comment le mettre ?

Le masque de protection n’est efficace que s’il est bien porté. Les conseils du Dr Parneix pour le positionner correctement :

  • Porter le masque dans le bon sens. En général, la face colorée doit se trouver vers l’extérieur et non contre la bouche.
  • Le côté rembourré de la barrette nasale doit être placé sur la bosse du nez pour bien protéger le nez.
  • Préférer les masques avec des attaches élastiques plutôt que des lanières : le masque sera plus simple à enfiler. 
  • Le masque doit être bien enveloppant et passer sous le menton pour bien protéger la bouche et le nez. 

Masque périmé : encore efficace ?

Soutenu par la direction générale de la Santé, le Ministère du Travail a autorisé, jeudi 26 mars 2020, l’usage de masque de protection (de type FFP2) périmé, à condition que la date de péremption ne dépasse pas 6 mois, et que “des consignes strictes sont respectées avant leur utilisation”. Ces masques périmés doivent :

  • “Avoir été stockés dans les conditions de conservation conformes à celles prévues par le fabricant ou le distributeur”.
  • “Avoir fait l’objet de quatre tests successifs” avant leur utilisation. Ces tests ont pour but de vérifier l’intégrité des conditionnements, l’apparence (la couleur d’origine), la solidité des élastiques et de la barrette nasale de maintien du masque, et l’ajustement du masque sur le visage.

Le masque chirurgical ou anatomique a une durée de vie de 3 heures. On le jette après.

Achat : pharmacie, internet, sur ordonnance ?

Il vaut mieux acheter un masque chirurgical en parapharmacie ou en pharmacie que sur Internet pour deux raisons : avoir la garantie que le masque soit bien conforme à la norme NF EN 14683 et pouvoir bénéficier des conseils du pharmacien, notamment sur le port du masque. “Évitez de vous procurer des masques chirurgicaux sur Internet sans la mention NF EN 14683 car on n’est jamais sûr de leur efficacité“, conclut l’expert. De plus, en cas d’épidémie, certains vendeurs en profitent pour gonfler les prix des masques sans en garantir la qualité. Il faut donc rester vigilant et privilégier le circuit pharmaceutique. 

A noter :  à partir du 4 mars 2020, et dans le cadre de l’épidémie de coronavirus, la délivrance de masques en pharmacie est soumise à prescription médicale pour le grand public et sinon réservée aux professionnels de santé.

Prix d’un masque de protection 

  • Un masque chirurgical coûte en moyenne entre 20 et 50 centimes l’unité (hors pandémie de coronavirus)
  • Un masque respiratoire de type FFP2 peut coûter jusqu’à 20 euros.
  • Un masque respiratoire de type FFP3 peut coûter jusqu’à plusieurs de dizaines d’euros.

Mise en garde : les prix n’étant pas réglementés  se sont envolés sur Internet et dans certaines pharmacies. 

Source: sante.journaldesfemmes.fr