Permis A, A1, A2, le grand bazar du permis moto

AM, A1, A2, A, et B. On ne devrait pas dire “le” permis moto, mais “les” permis moto. Chaque type de deux-roues a ses règles d’examen en fonction de la puissance et de la cylindrée. Sans parler des engins qui dérogent à toutes les règles. Guide pratique pour s’y retrouver.

Pour conduire une voiture, il faut un permis B, mais pour piloter une moto quel permis faut-il? Ca dépend. En effet, cette licence varie en fonction de différents critères comme l’âge du pilote, la cylindrée, la puissance en chevaux ou en kilowatts ou encore le rapport poids/puissance.

Difficile en effet de trouver la bonne formule pour réduire les accidents. Les chiffres parlent d’eux mêmes. Les deux-roues motorisés représentent 2% des usagers de la route et 20% des accidents mortels.PUBLICITÉ

À lire : Près de 10% de morts en plus sur les routes en janvier

Certains permis s’obtiennent avec un simple stage de quelques heures. Pour d’autres, il faut passer un examen. Sans parler des permis qui ne sont valides qu’en France et ne sont pas reconnus à l’étranger même dans des pays de l’Union européenne. Un véritable dédale qu’il est nécessaire de connaitre pour choisir son deux-roues motorisé.

Rappelons aussi que quelle que soit la puissance de son engin, le port d’un casque et de gants homologués est obligatoire en France, même s’il est recommandé de s’équiper de bottes, d’une veste avec protections et d’un pantalon résistant aux déchirures. D’autant que dans certains pays européens limitrophes, comme la Belgique ou l’Allemagne, un équipement complet est obligatoire. 

  • Cyclomoteurs de moins de 50cc: permis AM

C’est souvent sur des mobylettes, des scooters, des quad ou des motos de moins de 50 cm3 que les plus jeunes démarrent leur vie de motard ou de scootériste. Ces deux-roues peuvent se piloter dès l’âge de 14 ans. Aucun permis n’est requis pour les personnes nées avant le 31 décembre 1987 qui en sont dispensées, même si elles n’ont jamais conduit de véhicule à moteur. Elles n’auront même pas à passer le code. Ce permis n’est d’ailleurs pas soumis au barème de points.

Pour les autres, et dans le cas où l’on ne dispose pas du permis B, il faudra effectuer une formation de 7 heures de pratique en auto-école (2 heures hors circulation, 4 heures en circulation et 1 heure de sensibilisation aux risques).

Après cela il sera possible de piloter un deux-roues thermique ou électrique tant que la puissance n’excède pas 4 kw (environ 5 chevaux) et une vitesse de 45 km/h.

À lire : QUIZ – Nouveau permis moto: testez la nouvelle épreuve du code

  • Motocyclettes de moins de 125 cc: permis B et A1

Dès 16 ans, le permis A1 permet de piloter des deux-roues, ou des trois-roues, de 125 cm3 ne dépassant pas 15 chevaux, soit 11 kw. Les détenteurs d’un permis B devront simplement effectuer un stage de 7 heures en auto-école pour l’obtenir.

Pour ceux qui n’ont pas de permis B, Il faut passer le permis A1 qui est un examen identique au A2 (code, plateau et circulation) au guidon d’une 125 cm3. Et pour les mineurs, puisque ce permis est accessible dès 16 ans, il faut être titulaire de l’attestation scolaire de sécurité routière de 2nd niveau (ASSR2) ou de l’attestation de sécurité routière (ASR).

Malgré l’expérience acquise, les détenteurs du permis A1 devront tout de même passer l’examen pour obtenir le permis A2 qui donnera accès à des engins d’une puissance allant jusqu’à 47 chevaux.

Mais attention: ce permis n’est valide qu’en France. A l’étranger, même en Europe, il faut un permis moto ou motocyclette légère (AL) pour piloter une 125 cm3. Par contre, un européen détenteur d’un permis B pourra en France piloter une 125 cm3.

À lire : Permis moto: ce qui va changer dès le 1er mars 2020

  • Motocyclettes de plus de 125 cc et de moins de 47 cv: permis A2

Le permis A2 est nécessaire pour piloter des moyennes et grosses cylindrées à quelques conditions: elle ne doivent pas dépasser pas une puissance de 35 kilowatts (47,55 chevaux) et afficher un rapport puissance/poids inférieur ou égal à 0,2 kw/kg.

La quasi-totalité des constructeurs brident des grosses cylindrées pour entrer dans ces cases. Mais il faut que la puissance d’origine ne soit pas supérieure à 70 kw. 

Certains pays hors de l’UE, comme le Canada ou les États-Unis, ne reconnaissent pas le permis A2 français. Il faudra donc un permis A2 international ou l’équivalent du permis moto 125 à l’étranger. Mieux vaut donc se renseigner avant votre départ en vacances à l’étranger, si vous avez l’intention de conduire un deux-roues car chaque pays a ses propres règles.

À lire : Grâce aux automobilistes, la France est en tête des ventes européennes de motos et scooters

  • Motocyclettes de plus de 125 cc et de plus de 47 cv: permis A

Le permis A permet de conduire toutes les motos de plus de 125 cm3 (47 ch ou 35 kw) de la plus légère à la plus puissante. Son obtention ne nécessite pas d’examen à passer. Il faut être titulaire du permis A2 depuis au moins deux ans et effectuer un stage de 7 heures de conduite (2 heures de plateau, 3 heures de circulation et 2 heures de théorie) en auto-école. 

Mais attention, il faut toutefois prendre le temps de choisir une moto adaptée à son niveau de pilotage. Les surpuissantes GSX-R 1100 de Suzuki, Kawasaki Ninja H2 ou Ducati Panigale V4 n’ont pas les mêmes réactions qu’une Royal Enfield Bullet, une Triumph Bonneville ou une Harley Sportster de 883 cc.

  • Tricycles de plus de 15 kw

Les véhicules à trois roues, qu’il s’agisse de scooters ou de moto, sont un cas à part. En effet, quelles que soient leur cylindrée ou leur puissance, ils ne nécessitent pas un permis moto, puisque le permis B permet de les piloter. Et ces engins ne se limitent pas aux scooters de 125 cm3. Cette catégorie va jusqu’à 500 cm3. 

Mais il y a aussi des motos à trois roues comme la  Can-Am Spyder. Cet engin de  1330 chevaux affiche moins de 5 secondes pour passer de 0 à 100 km/h. Il y a aussi les Tri-Glide d’Harley Davidson dont les motorisations vont de 1200 à 1963 cm3.

Ces tricycles sont des exceptions de la route qui doivent être domptés. Si un permis auto suffit, elles ne se pilotent ni vraiment comme une moto, ni tout à fait comme une voiture. Mais elles soumettent les pilotes aux mêmes réglementations de sécurité que les motards sur deux-roues, soit casque et gants homologués pour le pilote et son passager.

Source : BFM – Pascal SAMAMA