Accord de branche : l’assurance s’engage pour l’emploi et la formation

La Fédération française de l’assurance (FFA) et quatre organisations syndicales représentatives dans la branche (CFDT, CFE-CGC, Unsa et CFTC) ont signé, le 15 septembre dernier, un nouvel accord portant sur la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et sur la formation professionnelle tout au long de la vie dans les sociétés d’assurance. « Le précédent accord avait été signé il y a six ans, et depuis cette date, beaucoup de choses se sont passées », observe Alexis Meyer, directeur des affaires sociales de la FFA. La loi sur l’avenir professionnel de septembre 2018 – qui a débouché sur la création de l’Organisme de compétences (Opco) Atlas – a notamment redessiné les contours de la formation. « Le premier objectif de cet accord a donc été de décliner cette réforme au niveau de la branche », précise le responsable de la FFA.

L’alternance mise en avant

La mise à jour de cet accord – présenté par les signataires lors d’une visio-conférence organisée ce 16 novembre – a aussi et surtout été l’occasion pour la branche de prendre en compte les mutations économiques, sociétales et technologiques du secteur. « Cet accord sur la GPEC prépare la transformation des activités », souligne Alexis Meyer. De fait, ce nouveau texte repose sur trois axes forts. « Le premier, c’est anticiper l’évolution des métiers et des compétences, de façon à adapter l’offre de formation et de certification. Le second, c’est favoriser l’insertion dans l’emploi, notamment par la voie de l’apprentissage. Enfin, le troisième, c’est accompagner les salariés tout au long de leur parcours professionnel », explique Cathy Riffaut, responsable du département emploi et formation à la FFA.

L’alternance constitue ainsi l’un des points forts de cet accord de 59 pages, dont l’Argus s’est procurée une copie. Selon la FFA, la campagne de recrutement d’alternants en 2020 devrait battre tous les records avec une hausse d’environ 10 % par rapport à 2019 de nouveaux contrats issus de cette voie, et ce malgré le contexte de crise liée au Covid-19« Pour favoriser l’insertion dans l’emploi, dans le cadre de cet accord, la branche s’engage aussi à développer des actions d’envergure en 2021 de promotion des métiers visant à présenter le secteur de façon pédagogique, et à valoriser toute la pluralité qui existe dans l’assurance », détaille Cathy Riffaut.

Vers une incitation à la co-construction des parcours

De nouveaux partenariats avec les acteurs de la formation, de l’orientation sont également prévus dans cet accord, afin de renforcer les politiques d’inclusion. A travers ce texte, le rôle des tuteurs et des maîtres d’apprentissage – dont les actions de formation seront à présent prises en charge par l’Opco Atlas – a également été valorisé.

Par ailleurs, alors que près de 9 salariés sur 10 du secteur ont bénéficié d’au moins une action de formation au cours de l’année 2019, l’accord incite dorénavant à la co-construction de parcours de formation et à la valorisation des compétences des collaborateurs, notamment par la voie de la validation d’acquis de compétences (VAE). « Nous n’avons oublié personne dans cet accord. Ni les alternants, ni les seniors, ni les handicapés. Nous avons balayé complètement les différents dispositifs de formation professionnelle offerts aux salariés. Cet accord est, pour nous, une première pierre vers une politique de formation encore plus dynamique que celle que nous avions déjà impulsée », se félicite Thierry Tisserand, secrétaire général adjoint de la fédération CFDT des banques et assurances.

Un accord non-normatif

Toutefois, d’autres améliorations auraient encore pu être effectuées dans ce texte, selon certaines organisations syndicales. « Nous aurions souhaité que la branche adopte un accord normatif sur l’abondement du Compte personnel de formation (CPF) », explique Joël Mottier, président fédéral de la CFE-CGC. « Même s’il est très riche et complet et qu’il va dans le sens des salariés, nous aurions aussi aimé que cet accord insiste un peu plus sur la priorisation du temps de formation sur le temps de travail », ajoute Marie-Pascale Duvernois, représentante de l’Unsa

« Nous fondons tout de même de grands espoirs dans cet accord de branche, en espérant que les entreprises suivront ce modèle », conclut Muriel Tardito, de la CFTC

Source : argusdelassurance.com/les-assureurs/federations/

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