Assurance de vos crédits : vous n’êtes pas couvert en cas de chômage partiel

Chômage partiel, revenus en baisse, difficultés à rembourser ses mensualités de crédit : la spirale semble infernale. Dans ce contexte incertain, les particuliers ayant souscrit une assurance perte d’emploi dans le cadre d’un crédit immobilier ou à la consommation s’interrogent sur la possibilité d’être dédommagés. Soyons clairs : ce n’est pas possible.

En effet, ces contrats ne couvrent que les licenciements indemnisés par Pôle emploi. Autrement dit, les licenciements pour faute lourde et… le chômage partiel sont exclus. Il est donc impossible de compter sur ces contrats pour faire face à la baisse de vos revenus liés à la pandémie de Covid-19.

Une couverture non obligatoire

Une bonne leçon pour l’avenir : mieux vaut se passer de cette assurance, qui, pour mémoire, n’est jamais obligatoire. C’est d’ailleurs ce que font déjà une grande majorité des emprunteurs. « Seuls 5 à 6 % de nos clients la souscrivent. Elle coûte cher et les indemnités sont très limitées », précise Philippe Taboret, le directeur général adjoint du courtier en crédit immobilier Cafpi.

De plus, les conditions sont très strictes. Ainsi, l’assurance de prêt ne s’adresse qu’aux salariés en CDI. « Les souscripteurs ne doivent pas dépasser un certain âge, compris entre 50 et 65 ans selon les contrats », précise Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux.com.

Par ailleurs, un délai de carence de six à douze mois est de mise : le client ne peut bénéficier d’aucune aide si son licenciement intervient durant cette période. Enfin, une franchise de quelques mois est aussi prévue entre la date du licenciement et le versement de la première indemnité. « La période de franchise est comprise entre trois et neuf mois selon les contrats », complète Maël Bernier de Meilleurtaux.com. Bref, des conditions draconiennes qui limitent l’intérêt de ce type d’assurance par ailleurs très chère.

Des reports sans frais

La preuve en chiffre avec le calcul de Cafpi pour un prêt immobilier de 121 000 euros sur 20 ans au taux de 1,12 % hors assurance, soit une mensualité de 600 euros par mois, incluant l’assurance emprunteur classique (décès, perte totale et irréversible d’autonomie) coûtant 36,33 euros. « L’assurance perte d’emploi coûte 38 euros par mois en plus pour être couvert à hauteur de 600 euros par mois, c’est-à-dire la totalité de la mensualité due, pendant 24 mois maximum », ajoute Philippe Taboret.

Même constat du côté des crédits à la consommation. « La situation actuelle n’est pas couverte par l’assurance « perte d’emploi ». Mais Cetelem a décidé de proposer, au regard de la situation de chacun de nos clients, trois reports de mensualités successifs sans frais sur les crédits amortissables à la consommation », indique Sonia Vienne, responsable du développement à la direction du particulier chez BNP Paribas personal finance (Cetelem). En temps normal, il n’est possible de reporter que deux mensualités par an, pour un coût correspondant à 4 % du montant de la mensualité reportée.

Source: lemonde.fr/argent