Assurance annulation de voyage mode d’emploi

La période d’épidémie de coronavirus et ses conséquences désastreuses pour le tourisme ont placé sous les projecteurs les assurances annulation de voyage, qui n’ont pas bonne réputation auprès des voyageurs. Valentine, par exemple, ne veut pas en entendre parler : développeuse informatique free lance et amoureuse des voyages, elle préfère réserver des vols low cost et prendre le risque de jeter son billet d’avion à la poubelle plutôt que de s’assurer. « Je ne rentre jamais dans les cases des garanties proposées en option des grands portails de voyage », (Opodo, Expedia, eBookers, Kayak, Liligo, Govoyages, etc.), soupire-t-elle.À lire aussi : Coronavirus, voyage et assurance annulation : êtes-vous vraiment couvert ?

Ces assurances ne couvrent que la maladie, l’accident ou le décès (de l’assuré ou d’un proche), le licenciement ou le refus de congés payés. En tant que free lance, Valentine ne se sent pas concernée : « En général, si j’annule un vol, c’est parce que j’ai accepté une mission urgente… et suffisamment bien payée pour me faire renoncer à un projet de voyage ! »

Assurances « toutes causes »

Des assurances annulation plus haut de gamme (dites assurances « toutes causes ») ont été lancées après le 11 septembre 2001 pour couvrir, notamment, le risque d’attentat. « Elles prennent en charge toutes les causes d’annulation imprévisibles et indépendantes de la volonté de l’assuré, explique Vincent Cordier, directeur général d’AVA (Assurance voyages et assistance) : une convocation administrative ou judiciaire, un examen de rattrapage, des dommages matériels importants à son domicile ou à son véhicule empêchant de se rendre sur le lieu de séjour… » Mais pas l’acceptation d’une mission free lance qui, contrairement au licenciement ou au refus de congés pays, relève d’une décision personnelle.À lire aussi : Assurance voyage : toutes les infos pratiques et conseils du Figaro

Valentine a donc raison de rester réfractaire aux assurances annulation. Du moins pour les motifs professionnels d’annulation. Bien qu’elle n’ait que 32 ans et soit en pleine forme, il n’est pas exclu qu’elle (ou qu’un de ses proches) tombe un jour malade. Dans ce cas-là, les assurances annulation jouent pleinement leur rôle, comme a pu l’apprécier Manel, 48 ans : « Je devais partir à New York avec mon époux. Trois jours avant le départ, ma fille a été hospitalisée. J’ai fait jouer la garantie annulation de ma carte Visa Premier : 15 jours plus tard, j’étais intégralement remboursée. »

Précision importante : Manel a parfaitement respecté la procédure. « J’ai envoyé ma demande une semaine avant la date de départ prévu et j’ai constitué un dossier très complet, avec un certificat médical et des radios, les copies de nos billets d’avion et de nos pièces d’identité. »

Faites preuve de vigilance : les 5 points à retenir

Cela peut sembler évident. Pourtant, la plupart des contestations découlent d’erreurs ou de négligences de la part des assurés. Au point que Chapka Direct, spécialiste de l’assurance voyage, a pris le soin de décrypter toutes ses garanties dans une « foire aux questions » très pédagogique qui s’ouvre sur cette mise en garde : « Nous sommes responsables de ce que nous vous disons, pas de ce que vous comprenez ! »

Pour éviter les faux pas, référez-vous aux « conditions générales » du contrat d’assurance. Ce texte, souvent rédigé en tout petits caractères, est généralement synthétisé dans un tableau des garanties qui précise notamment :

  • les motifs d’annulation recevables : maladie, hospitalisation, décès d’un proche, perte d’emploi… Seuls les événements explicitement cités sont couverts.
  • un motif ne peut être invoqué sans preuve: il peut s’agit d’un certificat médical (avec, le cas échéant, radios, analyses ou preuve d’hospitalisation), d’un certificat de décès ou d’une notification d’inscription à Pôle emploi, par exemple. De plus, ce motif doit réellement être incompatible avec le voyage prévu. En 2010, la Cour de cassation a considéré qu’un certificat médical pour « sinusite avec otite moyenne gauche » sans autre pièce justificative (ordonnance ou feuille de soins) ne suffisait pas à justifier l’annulation du circuit organisé d’une valeur de 2 890 €.
  • si vous partez à plusieurs, veillez à être tous assurés : imaginons que l’un d’entre vous soit contraint d’annuler son voyage (pour raison médicale par exemple). Les autres pourront aussi, s’ils le souhaitent, faire valoir leur assurance annulation (attention, cela ne vaut pas pour tous les contrats).
  • d’une manière générale, les assurances voyages peuvent être souscrites jusqu’à la veille du départ… à l’exception de l’assurance annulation, qui doit impérativement être achetée en même temps que le voyage. Certains contrats permettent de souscrire cette garantie jusqu’à l’entrée en vigueur des frais d’annulation des compagnies aériennes ou des tour opérateurs (en général 30 jours avant le départ). Mais ce n’est pas toujours le cas.
  • La plupart des motifs d’annulation font l’objet d’une franchise : de 0 à 50 € en cas de maladie, d’hospitalisation ou de décès d’un proche, jusqu’à 100 € voire 20 % du prix du voyage pour tous les autres motifs.

Frais d’annulation, délais: ce qu’il faut savoir

L’assurance annulation vient en complément des sommes effectivement remboursées par la compagnie aérienne ou le voyagiste. Les Entreprises du voyage ont fixé le montant des frais d’annulation à 50 € par personne plus de 30 jours avant le départ ; 25 % du montant du séjour pour une annulation entre 30 et 21 jours avant le départ ; 50 % entre 20 et 8 jours ; 75 % entre 7 et 2 jours ; 90 % pour une annulation la veille du départ et 100 % en cas de non-présentation.

Mais l’assureur pourra se baser sur la date à laquelle le motif d’annulation a été connu. Si, par exemple, votre enfant est hospitalisé 10 jours avant votre départ, n’attendez pas une semaine pour prévenir le voyagiste. À trois jours du départ, ce dernier ne vous remboursera que 25 % du prix de votre voyage. Mais l’assureur considérera qu’en le prévenant 10 jours avant le départ, le voyagiste aurait pu vous rembourser la moitié du prix du voyage. Vous ne serez donc indemnisé par votre assurance qu’à hauteur des 50 % restants. Moins les éventuels frais de dossier et franchise…

Bien entendu, votre dossier doit être envoyé par courrier recommandé avec accusé de réception. S’il est complet, l’indemnisation peut être assez rapide. Sans le moindre retour sous trois semaines, n’hésitez pas à relancer le voyagiste et l’assureur : l’un et l’autre peuvent avoir tendance à laisser traîner les choses. En espérant que, sur un malentendu, vous pourriez laisser tomber.

Source: lefigaro.fr/voyages/